La Peste : une arme bactériologique

« Invention » de la nouvelle utilisation de la Peste :

          La toute première utilisation de la Peste comme arme remonte au XV e siècle. Les Tatars assiégeaient la ville de Caffa, tenue par les Génois. Mais ils durent lever le siège pour cause d’épidémie de peste et, avant de partir, jetèrent les cadavres à l'aide de catapultes dans la ville. Les Génois paniquèrent , signèrent un traité de paix. Mais il était trop tard. Ils tentèrent de fuir vainement un peu dans toutes les directions, par voie maritime et, de ce fait, déclenchèrent la première pandémie européenne de Peste noire (1347). Comme nous le savons aujourd'hui, elle a tué environ la moitié de la population d'Europe.

Yersinia Pestis, un des agents infectieux les plus utilisés à cet usage

         Avec les guerres bactériologiques, il y a un problème ainsi qu'un risque, qui s'accentuent avec la Peste : comment tuer ou neutraliser ses ennemis tout en s'assurant que ses propres soldats et populations ne soient pas atteintes? En effet, la maladie peu très bien se retourner contre son auteur sans qu'il ne contrôle cela. On empoisonnait aussi les puits. Ce sont les Japonais qui se consacrèrent le plus à la mise au point d'armes bactériologiques, et le tristement célèbre Dr Shiro Ishii, en dirigait les opérations. Il devint complétement obsédé par la recherche d'une arme et créa durant la 2nde Guerre Mondiale, l'unité 731, avec laquelle il se livra a d'abominables crimes contre l'humanité (il sacrifia ainsi 3 000 personnes à une fin "scientifique"). Par la suite, l'unité fut dissoute et les membres s'exilèrent. Pendant la Guerre Froide, les Américains s'intéressaient à la guerre bactériologique. Il cherchèrent et trouvèrent les membres de l'unité 731 et embauchèrent le Dr Ishii. Il collabora étroitement avec les Américains. Pendant la guerre de Corée, ils lachèrent des puces infectées du bacille de la peste par avion. L'URSS  étudiait aussi les armes bactériologiques. Les Russes installèrent une usine secrète et firent des expérimentations sur les îles de la Mer d'Aral. Mais il y eu des incidents qui provoquèrent des épidémies de charbon, de peste et de variole.

Leader de l'unité 731 Dr Ishii

         En 1972, l'OPCW (Convention internationale sur l'interdiction des armes chimiques) fut signée par la plupart des pays, les recherches prirent donc fin.

logo de OPCW

        Mais la menace d'une guerre bactériologique reste toujours d'actualité, car en France même, le Guide pour l'investigation épidémiologique de l'Institut de veille sanitaire évoque trois scénarios pouvant laisser penser à "une origine malveillante" de la réapparition de la maladie :

  1. un cas ou plus de peste pulmonaire sans notion de voyage en zone d'endémie où est signalé un risque épidémique, ni contact proche avec un cas pulmonaire confirmé
  2. un cas ou plus de peste pulmonaire primitive
  3. l'apparition soudaine d'un grand nombre de malades dans une zone géographique donnée, présentant une broncho-pneumopathie évoluant rapidement vers une septicémie et la mort.

 

        Le bacille de la peste est donc toujours classé aujourd'hui (sur une échelle de C à A) parmi les agents de bioterrorisme de groupe A par les Centers for Diseases Control and Prevention

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